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PROPOSITIONS

La prise en charge de la problématique multiforme de la ville ivoirienne d'aujourd'hui et de demain requiert une vision globale des enjeux que l'on peut articuler autour de deux axes majeurs :

•  le développement urbain ;

•  la salubrité.

A ces axes devra s'ajouter un volet culturel au sens de socle sur lequel s'inscrivent les comportements, les us et coutumes, les mentalités, bref le rapport des hommes à leur environnement. Autrement dit : la culture de la vie en cité.

 

LE DEVELOPPEMENT URBAIN

Il convient d'appeler l'attention de tous sur le fait :

- d'une part, que le développement urbain est indissociable du développement de la nation au sens le plus large. Ce qui confère au Ministère de la Ville et de la Salubrité Urbaine une spécificité de transversalité à laquelle, toutes proportions gardées par ailleurs, l'ensemble des autres secteurs de l'Etat doivent apporter le fruit de leur action propre ;

- d'autre part, que la politique de la ville doit s'inscrire harmonieusement dans le cadre de l'évolution universelle vers la gouvernance de proximité et la démocratie locale . Ce qui se traduit chez nous par un nouveau droit de la décentralisation et une tendance irréversible au transfert de compétences nouvelles et accrues qui en sont la suite et la conséquence, au profit des collectivités locales et territoriales. Pourvu que les mesures d'accompagnement financier de ces transferts suivent effectivement.

L'accent doit, par ailleurs, être mis sur le fait que le développement des villes doit être le fruit d' une large concertation sociale permettant au plus grand nombre de partager la même vision du bien-être comme le produit non du simple désir d'opérer un saut qualitatif dans sa vie, mais bien le produit du développement, c'est-à-dire le travail acharné de tous.

Les villes doivent affirmer leur identité esthétique propre et offrir des conditions et un cadre de vie sans cesse améliorés permettant de projeter sur l'avenir la ville de demain à laquelle il reviendra d'abriter la quasi-totalité de la population de notre pays.

En l'espèce, l'objectif est donc double :

- Offrir un cadre de vie et un environnement de qualité adaptés à la promotion économique, par des activités spécifiques et des attraits favorables à l'installation de petites et moyennes industries. Nul n'ignore que dans certaines de nos régions, il existe des potentialités parfois exceptionnelles, qui ne demandent qu'à s'accommoder de facilités de réalisation.

- Et parce qu'une ville est une communauté d'hommes et de femmes de tous âges avec leurs besoins, leurs aspirations, leurs problèmes, la cité ne saurait se réduire à des bâtiments et des usines. Une ville, c'est d'abord une âme que porte un projet de vie en commun

Aussi, le développement devra-t-il rimer avec la volonté d'une urbanisation cohérente et équilibrée, d'une unité de la ville construite autour de principes fondateurs comme :

•  la diversité de l'habitat, et la qualité architecturale des constructions ;

•  l'échelle humaine qui donne une âme à la ville ;

•  l'esthétique environnementale en ce qui concerne le paysage, les espaces verts,

•  une offre de services sanitaires, sociaux et culturels, ainsi que d'activités économiques au sens large,

•  la recherche permanente de l'harmonie sociale par la convivialité, le civisme et l'écoute des citoyens.

 

LA SALUBRITE

  La Propreté est un bien public au même titre que l'eau potable, dont les populations ne peuvent être privées. Cette exigence fait naître un droit fondamental : le droit du citoyen à disposer d'un environnement sain et approprié à la vie en cité. C'est donc un service public de par sa nature . Par opposition, l'électricité, le téléphone, le transport urbain, sont des services publics " institutionnels ".

Cependant, contrairement à l'eau, l'électricité, ou le téléphone, le ramassage des ordures et leur traitement n'ont pas été gérés comme un service public malgré leur impact évident sur la santé publique. D'où les problèmes récurrents d'insalubrité que connaissent nos villes.

La politique et l'exercice du pouvoir n'ont de sens que s'ils sont sanctionnés par une obligation de résultat.

En l'occurrence, il s'agit de l'obligation d'offrir aux populations de Côte d'Ivoire un environnement sain. Même si la non maîtrise d'une démographie galopante et un exode rural massif, notamment du fait de la guerre, expliquent pour partie le fait que les infrastructures prévues naguère pour des villes de moindre peuplement sont aujourd'hui très largement dépassées.

C'est pourquoi, dans de très brefs délais, les acteurs du secteur selon évalués et agréés selon des critères généralement admis par des normes internationalement reconnues.

Des unités de traitement des déchets verront le jour pour palier les insuffisances constatées sur le terrain. Les villes de l'intérieur du pays auront également droit à ces nouvelles dispositions règlementaires et pourront bénéficier d'infrastructures adéquates.

M ais pour réussir, nous avons besoin de l'aide de tous et de chacun, dans les réflexes quotidiens, les gestes simples qui marquent la différence.

Désormais, chacun devra disposer d'une poubelle pour les ordures ménagères et de corbeilles disposées tant dans les cours qu'à l'extérieur des concessions. Tous les lieux publics, les églises, les commerces, devront disposer de corbeilles selon la taille des lieux en question, afin de permettre à chacun de se libérer des restes encombrants, tels que les bouts de papier et les emballages de toutes natures. Tout emballage, notamment plastique, jeté dans la rue, fera l'objet d'une verbalisation dans les formes requises.

Et pour tous ces gestes simples, une règle d'or servira de clé de voûte à l'action : pour ne pas avoir à nettoyer, il faut éviter de polluer et de salir…

 

L'ASSAINISSEMENT

S'agissant de la pollution, c'est tout le problème de l'assainissement qui est posé avec comme exemples emblématiques : la Baie de Cocody et le Canal du Gouro dont l'ensablement pour l'une et l'engorgement pour l'autre semblent avoir été passés par pertes et profits.

A ces sources majeures de nuisances doivent répondre des mesures d'envergure allant jusqu'à la refonte complète du réseau actuel de collecteurs qu'il conviendra alors de remplacer par de grands collecteurs à écoulement gravitaire.

A court terme, et en attendant les longs arbitrages budgétaires que requièrent des investissements aussi lourds pour un pays en crise comme la Côte d'Ivoire, des solutions d'assainissement et de drainage simples seront mises en œuvre, y compris en revisitant les contrats d'affermage que l'Etat a signés naguère.

Parmi ces solutions figurent des modalités peu onéreuses :

•  la captation des pollutions solides (bouteilles, sacs plastiques, branchages divers) ;

•  la décantation des matériaux divers en suspension dans l'eau ;

•  la lutte contre l'occupation « suicidaire » des bassins d'orage dans nombre de quartiers dans l'agglomération d'Abidjan (ce qui est une autre forme d'occupation anarchique du domaine public) ;

•  le lancement de grands travaux d'intérêt civique faisant appel à la main d'œuvre des jeunes qu'interpelle le projet présidentiel de service civique.

 

LA PROPRETE

  La répartition, le traitement et la valorisation des déchets comme matière première, sont aujourd'hui et partout dans le monde un enjeu majeur de toute politique d'environnement au niveau local.

L'idéal en la matière serait de mettre en œuvre un système mixte de collecte sélective et de valorisation des déchets par le recyclage d'une part, et la dépose en décharge des seuls déchets ultimes (non recyclables) d'autre part.

Pour un pays comme la Côte d'Ivoire, le recyclage, notamment à des fins agricoles (engrais), devrait concerner l'essentiel des déchets domestiques. Pour le reste (les emballages en verre ou en plastique en particulier), le « contrat de ville »pourrait inciter les collectivités à une politique locale de « points-propreté de collecte sélective » appelés à séparer bouteilles et sacs plastiques des autres déchets.

L'embellissement des plantations et jardins des voiries urbaines sera primé. Un Observatoire National y veillera.

De même, sera mise en place une agence nationale de la salubrité urbaine . Son action permanente consistera à traquer les carences des collectivités en matière de propreté et d'intervenir autant que de besoin par des actions de terrain visant à restituer à l'environnement le lustre approprié. En outre, l'Agence jouera à terme le rôle d'organe de régulation (au même titre que pour l'eau, l'électricité, les télécommunications), car il lui reviendra de concéder le service public de la propreté à des opérateurs privés de référence internationale pour favoriser un transfert de savoir-faire durable, et mettre un terme définitif à la question récurrente de la saleté d'Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké et autres villes de l'intérieur (je pense à DIVO). Ces concessions se feront, bien entendu, sur la base de cahiers de charges établis de concert avec les collectivités bénéficiaires.

 

LA CULTURE DE LA VIE EN CITE

La politique, et singulièrement la vision qui lui confère tout son sens, ne valent que pour autant qu'elles sont partagées.

Permettre à chacun d'être pleinement informé, de participer activement aux affaires de la cité, d'être solidaire d'une communauté dont personne ne se sente exclu ou en voie d'exclusion. Tels sont les termes dans lesquels se joue le sort de toute politique de la ville.

En l'espèce, il s'agit d'amener les mentalités à changer à partir d'outils dont la simplicité et l'évidence permettent de conduire rapidement le plus grand nombre à prendre conscience des effets pervers de certains comportements.

A cette fin, il s'agira, notamment, de mettre l'accent :

•  sur la chose publique , comme un bien réel qui appartient à tous et à chacun (et non à personne comme le voudrait une certaine conception) ;

•  sur la nécessité de « balayer devant sa porte  », au propre comme au figuré ;

•  sur l'urgence et la nécessité de faire de chaque ivoirien un acteur et un messager de la propreté dans sa sphère particulière ;

•  sur l'utilité pédagogique de la valeur d'exemple que pourrait constituer le fait qu'à l'instar des points focaux SIDA et GENRE, le concept du « Point Focal SALUBRITE » puisse devenir une réalité dans chaque secteur public et privé d'activité en Côte d'Ivoire ;

•  sur le civisme comme un état d'esprit …

 

 
 
 
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